Lundi, l'Olympique de Marseille fêtera le quinzième anniversaire de sa victoire en Ligue des Champions, face à l'AC Milan (1-0), au Stade Olympique de Munich. L'occasion de se remémorer ce succès historique, concrétisé par la tête victorieuse de Boli, sur un corner de Pelé, à la 44e minute. Ce sacre demeure toutefois le dernier titre majeur remporté par le club phocéen, dont la vitrine, contrairement au souvenir de ce jour magique, commence à s'empoussiérer.
Si loin et si proche à la fois. Ce corner brossé d'Abedi Pelé au premier poteau, sur la tête de Basile Boli, qui s'échappe de l'étreinte et s'élève plus haut que Franco Baresi et Frank Rijkaard pour propulser le ballon dans les filets de Sebastiano Rossi. Si lente, cette seconde période, qui voit Jean-Pierre Papin, l'ancien enfant chéri du Vélodrome, se faire malmener par ses ex-coéquipiers, décidés à l'empêcher de briser leur rêve, et à anéantir le sien. Si belle, cette image de Didier Deschamps, le capitaine olympien, soulevant pour la première - et unique fois à ce jour - la Coupe aux grandes oreilles, summum des trophées.
Un exploit unique en France
Des images qui resteront gravées dans les mémoires, marseillaises certes, mais aussi françaises. L'entrée d'un club français, l'Olympique de Marseille, au panthéon continental pour la première fois depuis la création, en 1956, de la Coupe des clubs champions européens, devenue Ligue des Champions, est historique. Plusieurs fleurons du football hexagonal avait failli tirer les oreilles du plus prestigieux trophée européen. Le Stade de Reims, par deux fois, dans les années 50, l'AS Saint-Etienne dans les années 70, puis l'Olympique de Marseille. Une première fois en 1991, à Bari, contre l'Etoile Rouge de Belgrade. Défaite aux tirs au but (0-0, 3 tab 5). Puis une deuxième, face à l'AC Milan. La bonne.
"A jamais les premiers", donc. Cette devise éternelle rappelle la primauté de l'OM dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Malheureusement, la devise au goût du jour pourrait être "A jamais les seuls", puisque quinze ans après cette victoire, aucun club français n'est parvenu à rééditer l'exploit de Munich. L'AS Monaco l'a pourtant frôlé, voilà quatre ans. C'était en Allemagne aussi, à Gelsenkirchen. C'était le même jour aussi, le 26 mai. Mais le club de la Principauté des Giuly, Rothen ou Morientes, emmené par Didier Deschamps, s'inclinait lourdement en finale (0-3), face au FC Porto des Deco, Maniche et autre Carvalho de José Mourinho. 2004 ressemblait peut-être trop à 1993...
Putain, 15 ans !
Si ce 26 mai 1993 reste la date la plus glorieuse dans l'histoire de l'Olympique de Marseille, pour l'apogée qu'elle rappelle, elle représente aussi, paradoxalement, la fin d'un certain "âge d'or" olympien, brusquement entâché quelques semaines plus tard, par le sinistre scandale du match truqué VA-OM (0-1). Elle coïncide aussi avec le début de quinze années vierge de titre majeur, qui perdure à ce jour. Si longs, ces anniversaires sans cadeau.